En vérité, le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout.
Albert Camus (Artiste et écrivain, 1913 – 1960)
Parcours d’un autodidacte
J’ai commencé ma carrière professionnelle à l’âge de 18 ans, juste après le baccalauréat, en faisant les 3×8, et ce même les week-ends, dans un grand groupe audiovisuel à une époque où tout était possible pour un autodidacte. Mon propos n’est pas de dire que maintenant tout est impossible, mais les conditions de réussite sont plus difficiles, car nous vivons dans une société de plus en plus hiérarchisée et catégorisée qui laisse de moins en moins de place aux talents en dehors de cycles diplômants.
Mon parcours d’autodidacte m’a amené à prendre des responsabilités très rapidement. En effet, durant plus de dix ans, j’ai assumé deux fonctions en parallèle pour le deuxième groupe de presse français en tant que Product Owner et Rédacteur en chef technique des deux plus importants supports du groupe. En ma qualité de Product Owner, je rédigeais les User Stories, je gérais les Tickets d’intervention et ensuite, je m’occupais du recettage et tout cela en étroite collaboration avec la Dev Team. Et, en parallèle, avec une équipe de dix personnes, je produisais, chaque semaine, 130 pages pour les magazines précités. Durant toutes ces années, j’ai pris énormément de plaisir à assumer ce double profil qui m’a énormément apporté que ce soit en termes de relation humaine, de management, ou de gestion de projet. Malgré les difficultés rencontrées, je n’ai jamais occulté ce qui pour moi restait la priorité : atteindre l’objectif fixé et finaliser le projet.
Et en tant que manager, ma vision a toujours été de donner sa chance à tout candidat. Durant ma carrière, lorsque j’ai dû embaucher quelqu’un, le plus important était la motivation et l’enthousiasme que pouvait exprimer la personne que j’avais en face de moi. En tout cas, je n’ai jamais regretté d’avoir pris le temps de recevoir chaque postulant à un poste, même si toutes les qualifications n’étaient pas cochées sur le papier.
Pour illustrer ces propos, je ne peux que vous inciter à visionner le témoignage d’un grand chef culinaire étoilé qui nous fait partager son parcours et les valeurs qui l’ont toujours animées et qui l’ont mené vers la réussite et l’excellence… Bonne lecture
Zoom sur les autodidactes
On parle, régulièrement, d’une école spécialisée, d’études plus ou moins longues, d’un cursus idéal pour arriver dans la vie. Pourtant, il y a bien d’autres chemins. Souvent plus escarpés, qui demandent de savoir grimper, courir, ralentir, de ne pas avoir peur du vide. Ces sentiers mènent jusqu’au sommet. Alors que la route empruntée par le plus grand nombre, toute tracée, elle, s’est arrêtée net lorsqu’elle est devenue trop étroite. La grande route goudronnée c’est la sécurité. Celle qui peut nous protéger, qui est balisée et limite le danger.
Vous l’avez compris, il y a ceux qui étudient dans des établissements spécialisés, qui se nourrissent des acquis des personnes certifiées et juste à côté les autodidactes.
Souvent on imagine que les autodidactes n’aiment pas apprendre. C’est pourtant tout le contraire. Ils aiment simplement aller au-delà du cadre établi. Les limites ? Ils ne les connaissent pas vraiment. « L’autodidacte n’est pas celui qui apprend tout seul (ce qui à proprement parler ne veut rien dire), mais celui dont les connaissances ne sont garanties par aucun titre et défendues par personne » comme l’explique Marie Ymonet auteure de Les Héritiers du capital (Editions Persée).
Le parcours d’un enfant des cités à l’excellence culinaire d’un grand chef : Thierry Marx.
Contrairement à beaucoup de discours, il n’est pas juste d’hiérarchiser les facultés d’un pur autodidacte et d’un diplômé. Tous deux ont dû travailler pour y arriver. Mais ils ont deux bagages bien distincts.
Lors d’un entretien on peut démontrer son talent par son expérience ou par ses diplômes.
En réalité, les deux peuvent être aussi bien un atout qu’un handicap, même si le diplôme reste la norme de sélection en France. Certains employeurs vont préférer embaucher une personne de telle école sans approfondir ses capacités, car le diplôme fait foi. D’autres auront le bon diplôme, mais pas assez d’expérience. Enfin, d’autres recruteurs ne se baseront que sur l’expérience… A l’issue chacun connaîtra ses défaites et ses succès.
Pourtant, le diplôme à un pouvoir immatériel.
Celui de tranquilliser en justifiant nos capacités. C’est pourquoi beaucoup d’autodidactes se sentent parfois illégitime. Allant jusqu’à ressentir le « syndrome de l’imposteur ».
Il est grand temps d’affronter ces doutes !
Comme le dit si bien un proverbe persan « Le doute est la clé de toute connaissance ».
Surtout que l’autodidacte a de quoi être fier de ses capacités.
Voici cinq caractéristiques de l’autodidaxie :
Une ouverture sur le monde
L’autodidacte n’est jamais seul. Pour se former, atteindre son rêve, il n’hésite pas à taper aux portes. Aujourd’hui, une multitude de tutoriels sont à notre portée sur Internet. Une façon d’apprendre, mais aussi d’échanger. D’autre part, les belles rencontres sont fondamentales pour l’autodidacte.
Une curiosité décuplée
L’autodidacte à la faculté de tout réinventer. N’ayant pas suivi un cursus qui lui a appris quoi faire il crée constamment. Il ose expérimenter de nouveaux terrains d’expression, car on ne lui a pas dit que c’était impossible. Sans formation, qui confirme ses connaissances. L’autodidacte n’est jamais rassasié. Il n’hésite pas à aller au fond des choses.
Une connaissance de soi
Lorsque l’on est autodidacte le seul cadre est : soi. On se confronte aux limites, non pas de l’exercice, mais de nos acquis. Il se trompe et identifie ses lacunes, mais il se surpasse aussi pour atteindre la victoire. L’autodidacte ne triche pas, car il est toujours en quête de légitimité. Et surtout lorsqu’il regarde en arrière il voit ses propres victoires, son chemin parcouru.
Une bonne intuition
Pour compenser les clés qu’il n’a pas reçues lors d’un cursus scolaire, l’autodidacte fait souvent appel à son intuition. Il analyse rapidement et se fait confiance pour prendre des décisions. Un gain de temps non négligeable par rapport à un diplômé qui pourrait ne « pas le sentir », mais continuer, car tous les voyants sont verts, stratégiquement parlant. Réussir à écouter son intuition c’est aussi atteindre une certaine autonomie.
Une passion
L’autodidacte donne tout pour atteindre son rêve. C’est sa passion qui l’anime. D’ailleurs ne dit-on pas que « quand on aime on ne compte pas (ses heures) ? » C’est surement un autodidacte qui a prononcé cette phrase.
